Utérus : anatomie, rétroversion et antéversion, pathologies associées – Marie Claire

Il est devenu ces dernières années un symbole des luttes pour les droits des femmes à disposer de leur corps et il ne se passe pas une manifestation féministe sans qu’il soit représenté sur une pancarte, une banderole ou un simple pin’s accroché sur une veste. Source d’inspiration pour des artistes, il est parfois dessiné orné de fleurs ou reproduit en crochet façon peluche (les boutiques Etsy en regorgent !). Plus récemment, c’est la marque de protections périodiques Nana qui décidait de le mettre à l’honneur dans son spot publicitaire engagé « Histoires d’utérus« .

« Il », c’est l’utérus. Un organe puissant, mais aussi ô combien fragile, et dont on ne sait pas encore tout.

À quoi sert l’utérus ?

Logé entre la vessie et le rectum, l’utérus communique avec le vagin par le col de l’utérus à travers lequel s’écoule le flux menstruel et remontent les spermatozoïdes. Dans sa partie haute, il s’étire en deux cornes qui se prolongent par les trompes de Fallope, deux fins conduits qui relient la cavité utérine aux ovaires.

Cet organe associé à la maternité (on l’appelle aussi matrice) occupe une place confortable dans le bas-ventre. En période d’activité génitale, il mesure 8 cm de long et 5 cm de large environ. Sa paroi interne est tapissée par une muqueuse – l’endomètre – qui subit des transformations permanentes : « Sous l’influence des hormones sécrétées par les ovaires, elle s’épaissit et voit ses vaisseaux sanguins se dilater à l’approche de l’ovulation afin de pouvoir accueillir un éventuel embryon », explique Marie-Carmen Michel, sage-femme libérale.

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En l’absence de fécondation, cet endomètre surdimensionné est devenu inutile. Il desquame, d’où l’apparition des règles.

Et comme le rappelle si bien la journaliste Anouk Perry sur le blog de la marque de protections lavables « Dans ma culotte », même si « l’utérus fait souvent écho à l’idée de la féminité, on peut avoir un bébé sans utérus (en adoptant) et on peut avoir un utérus sans souhaiter se reproduire. On peut avoir un utérus et se sentir femme, tout comme les personnes trans peuvent avoir un utérus et se sentir de genre masculin. »

Utérus antéversé ou rétroversé ?

La majorité des utérus sont orientés vers l’avant et reposent sur la vessie. On dit qu’il est antéversé.

Mais chez 20% des femmes, son axe a incliné vers l’arrière, en direction du rectum. On parle alors d’utérus rétroversé. Cette particularité anatomique peut être présente dès la naissance ou apparaître à la suite d’un accouchement, du développement d’un fibrome ou à cause d’une simple adhérence.

« Elle ne change rien au déroulement d’une grossesse, observe le Pr Hervé Fernandez, chef du service de gynécologie-obstétrique à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre, mais des règles plus douloureuses ou des douleurs lors des rapports sexuels sont susceptibles d’en résulter. »

Des anomalies fréquentes

3 à 4% des femmes seraient dotées d’une malformation congénitale de l’utérus, après un défaut de formation du système reproducteur lors du développement embryonnaire. Chez certaines, la cloison médiane ne s’est pas résorbée, d’où la persistance d’un utérus cloisonné à la naissance. Cette malformation – la plus fréquente – est souvent découverte fortuitement, lors d’une échographie pelvienne. Elle n’empêche pas le déroulement d’une grossesse mais augmente les risques de fausses couches et d’accouchement prématuré (avant 30 semaines). Si la gêne est importante, une intervention chirurgicale est envisageable.

En revanche, lorsque l’utérus est bicorne (en forme de cœur), une chirurgie correctrice est rarement possible. La taille de la cavité utérine étant réduite à peau de chagrin, le déroulement d’une grossesse est plus délicat… mais pas impossible. Un suivi médical plus étroit est nécessaire pour mener une grossesse à terme.

Des femmes sans utérus

Les femmes nées sans utérus (syndrome de Rokitanski ou MRKH) sont quant à elles moins nombreuses : 1 cas sur 4 500 femmes. Leur infertilité était irréversible il y a encore quelques mois mais l’avènement de la greffe d’utérus change la donne. Cette intervention très complexe n’en est encore qu’à ses balbutiements, mais elle se développera certainement au cours des décennies à venir.

Les maladies utérines les plus fréquentes

L’utérus étant ouvert sur l’extérieur via le vagin et soumis aux fluctuations hormonales durant de très nombreuses années, il est la proie de multiples affections. Les plus fréquentes sont les fibromes, des tumeurs bénignes de l’utérus qui apparaissent surtout après 35 ans. La majorité passent inaperçues, mais si elles deviennent gênantes (sensation de pesanteur, règles hémorragiques…), mieux vaut envisager un traitement pour les éradiquer.

L’endométriose est aussi une pathologie utérine dans la mesure où elle résulte de la prolifération des cellules de l’endomètre en dehors de l’utérus. Ces dernières peuvent se disséminer autour des ovaires, dans le système digestif, voire même jusqu’aux poumons. Bien que longtemps négligée, l’endométriose est une vraie maladie qui peut devenir très handicapante. Au moindre doute, parlez-en à votre médecin généraliste ou votre gynécologue.

L’utérus peut également se cancériser, soit au niveau de l’endomètre soit au niveau du col. Le cancer de l’endomètre est le 2ème cancer gynécologique chez la femme après le cancer du sein. Il apparaît le plus souvent après la ménopause. Le cancer du col de l’utérus survient quant à lui un peu plus jeune, surtout entre 40 et 50 ans. Il est en outre facilement évitable avec la réalisation de frottis de dépistage réguliers et la vaccination contre les papillomavirus, des virus sexuellement transmissibles qui altèrent les cellules du col.

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